Depuis le lancement de TT Playbook Player, deux questions reviennent plus souvent que les autres : est-ce que je fais partie du public visé ? Et que sait faire cette application que les autres applications de tennis de table ne font pas ? Les deux méritent une réponse honnête — y compris là où elle ne joue pas en notre faveur.

À qui l’application s’adresse

L’utilisateur type dispute des matchs par équipes. Il affronte régulièrement des adversaires différents — en championnat, en tournoi, en coupe — et ne met pas ses défaites sur le compte de la malchance : il en fait une question.

C’est précisément là que l’application intervient. Quand on joue quarante ou cinquante rencontres sur une saison, on accumule de l’expérience plus vite qu’on ne peut la retenir. Ce service contre lequel on a mis trois balles dans le filet au match aller. Ce gaucher du club voisin dont on sous-estimera de nouveau le revers. Ce défenseur aux picots longs face auquel on s’aperçoit, après deux manches, qu’on répète la même erreur qu’il y a un an.

Les joueurs ambitieux tiennent donc des notes depuis toujours : sur des bouts de papier, dans les notes du téléphone, au dos de la feuille de match. La démarche est la bonne, il manquait seulement l’outil. TT Playbook Player met cette démarche au format numérique — saisir les scores directement au bord de la table, consigner ses observations sur l’adversaire, réunir matériel et système de jeu dans une fiche d’observation. La différence avec le bout de papier, c’est que tout cela devient exploitable.

À qui elle ne s’adresse pas

Qui vient en salle une fois par mois et joue surtout pour se détendre n’aura pas besoin de l’application. Sans matchs réguliers contre des adversaires récurrents, aucune base de données ne se constitue d’où l’on pourrait lire des schémas — l’analyse a besoin de trois à cinq rencontres enregistrées avant de dire plus que ce que l’on pressent déjà. Une limite fait également partie du tableau : seuls les simples sont pris en compte pour l’instant. Le double est en préparation, mais pas encore disponible.

Ce qui distingue l’application des autres

Les applications de tennis de table ne manquent pas. Presque toutes règlent une seule question : l’une compte les échanges, la suivante n’est qu’un compteur de points posé à côté de la table, la troisième découpe des vidéos pour l’analyse technique, la quatrième trouve les clubs et les salles alentour. Chacune fait correctement son travail. Sauf que le résultat reste à chaque fois dans sa propre application.

TT Playbook Player réunit quatre choses qui, séparément, pèsent peu et, ensemble, beaucoup : carnet de match, observation des adversaires, statistiques et préparation du match suivant. La valeur naît seulement de la liaison. Un score est un chiffre. Quarante scores, reliés au contexte, au type d’adversaire et à ses propres notes, forment un constat — que les manches serrées se perdent, que quelque chose cloche contre les gauchers, qu’une variante de service fonctionne de façon fiable. Et comme les fiches d’adversaires sont juste à côté, on en tire un briefing avant le match suivant sans avoir à saisir quoi que ce soit de plus.

À quoi ressemblent ces quatre domaines en détail, avec captures d’écran, c’est l’objet d’un autre article : Six problèmes que connaît tout joueur exigeant de tennis de table.

S’y ajoute une décision assumée : l’application fonctionne d’abord hors ligne. Les données restent sur l’appareil et ne sont transmises à personne. Qui tient des notes sur ses adversaires collecte après tout des observations sur des personnes de sa propre fédération.

Essayer par soi-même

TT Playbook Player existe pour iOS et Android. La version Starter est gratuite et permet 20 fiches d’adversaires et 100 matchs — de quoi tenir une demi-saison complète. Pro lève les deux limites et débloque les quatre sections statistiques supplémentaires, la préparation d’avant-match et la fiche d’adversaire : 4,90 € par mois ou 39 € par an.

Connais ton adversaire avant le premier échange.